vendredi 9 janvier 2015

ANNUS HORRIBILIS 2014



PARC DU MONT MÉGANTIC

En voyant ces images, vous avez peut-être eu une sensation de déjà vu, pourtant elles ont été prises un mois avant celles que vous avez vues récemment. Vous allez comprendre pourquoi j’ai attendu pour en parler quand je vous dirai de quoi il en retourne. Et pour ceux et celles que ma vie intéresse, je n’ai vraiment eu qu’un seul malheur en 2014 et c’est celui que je vais vous raconter ici.


Il y a un mois environ, j’étais au Mont Mégantic, secteur Franceville avec ma petite maman. J’avais loué un chalet pour deux : joli, tout vitré, avec un petit foyer écolo : très romantique, surtout avec ma mère que j’aimerai toujours. En arrivant près du parc, il tombait une petite neige floconneuse et diaphane, du genre qui reste collée aux troncs et aux branches des arbres et qui crée un décor absolument féérique. Aussitôt installés, nous sommes ressortis pour faire un très joli sentier qui longe le ruisseau de la Montagne (parfait pour ma mère de 85 ans) et que nous avons parcouru aller-retour à quatre reprises au cours de notre séjour; elle est en forme quand même.
  
Moi, la deuxième journée, j’ai escaladé la plus grosse montagne du coin, une butte en fait, mais au Québec, pas trop loin de Montréal, c’est tout ce qu’on trouve. Onze kilomètres en boucle, avec quelques très belles vues, ça s’appelle le sentier des Cimes. Rien d’essoufflant, surtout que je m’arrêtais pour faire de petits dessins. Malheureusement le retour est plutôt monotone, c’est un long corridor de quelques kilomètres, sur une route plate entourées de grands arbres. C’est joli, mais tellement tout pareil qu’à un moment je me suis demandé si je ne m’étais pas trompé de chemin. Si j’avais à la refaire, je remonterais simplement la montagne dans l’autre sens.

Par contre sur la montagne, j’ai commencé une migraine optique qui est tout de même passée assez vite. J’ai toujours eu ces migraines, mais elles sont beaucoup plus fréquentes depuis un an. Environ une fois par semaine il m’apparaît une sorte de feu d’artifice dans les yeux, et je ne vois plus rien au centre de mon champ de vision. Après quelques minutes le cercle s’élargit puis finit par disparaître. Pour vous rassurer, je ne suis jamais totalement aveugle, mais peut-être à 15 ou 20%. Paraît que ça peut donner des maux de tête, mais dans mon cas, à peu près rien la plupart du temps.



De retour au chalet, j’ai préparé le souper, on a mangé et comme il n’y avait rien d’autre à faire je me suis étendu sur mon lit pour pratiquer ma musique (je chante avec le chœur de l’Orchestre Métropolitain). Il faut préciser que le chalet est vraiment petit, il n’y a pas de fauteuil. Il y a bien une sorte de « beanbag » sur lequel j’ai essayé de m’asseoir mais il glissait et était si bas que pour se relever, à mon âge, ça prend de l’aide et comme ma mère est encore plus vieille que moi, on s’est abstenu.

Bon, venons-en aux faits, après avoir répété mes partitions, j’ai commencé à lire, mais les lettres se sont mises à danser devant mes yeux : impossible de déchiffrer ce que je voyais. Je voyais les lettres, mais impossible d’en faire des mots. J’avais beau essayer, rien à faire, exactement comme avant qu’on me donne de la cortizone au début de 2013, à l’époque où on m’a annoncé que j’avais une tumeur au cerveau.


Puis, je me suis tourné vers ma mère, je lui ai dit « Thomas », le nom de mon fils, puis « Martine » le nom de mon ex et finalement « Maman ». Je sentais que ça n’allait pas. Je m’exprimais normalement, mais lorsque j’ai essayé de nommer ce qu’il y avait devant moi, mon chapeau et mon manteau, impossible ! J’avais beau essayer, rien à faire. Je ne paniquais pas, c’était un peu irréel. J’ai fini par demander à ma mère comment s’appelaient ces objets, elle me l’a dit, mais toutes les choses autour avaient perdu leur nom. Il n’était que huit heures, mais on a décidé de se coucher. Je sais que la mémoire m’est revenue éventuellement, mais je me suis endormi là-dessus.

Le pire là-dedans, c’était de voir ma mère qui devait s’imaginer prise seul avec cet handicapé du cerveau, au milieu de ce qu’on appelle toujours nulle part et qui, comme par hasard, est toujours là où on se trouve, suis-je clair? Surtout qu’elle avait essayé, sans succès, de conduire ma grosse « van » cet après-midi là. J’imagine qu’elle se voyait courir à en mourir pour aller demander de l’aide aux chalets voisins, comme dans un mauvais film, au ralenti, avec de la grosse musique dramatique.


C’est drôle, quand c’est arrivé, c’est elle qui était solide, mais, le lendemain c’est moi qui ai dû la rassurer. Je me sentais tout à fait normal, en contrôle, mais un doute subsistait quand même dans mon esprit : ça pouvait m’arriver, encore, soudainement. Par contre, je savais que ça n’affectait qu’une infime partie de mes capacités, puisque avant que je ne sois diagnostiqué je menais une vie presque normale avec mes pertes de mémoire.

Cependant, quelques jours plus tard, j’ai eu l’impression, qui s’est confirmée, d’avoir perdu une petite partie de ma vision. J’en avais déjà perdu un peu sur le côté gauche, mais là, c’est devant. Un minuscule point, comme si j’avais en permanence une lueur de flash gravé sur la rétine.


Aussi, je devais voir mon médecin à la mi-décembre, après avoir passé une autre résonnance magnétique, mais ces personnes qui sont en général fiables m’ont oublié. Alors pas de résonnance, donc pas de médecin non plus. Je le verrai sûrement en janvier, mais comme je n’ai pas eu d’autre phase amnésique, je ne m’en fais qu’à moitié.

On est revenu le lendemain de cet évènement, sans anicroche, avec un arrêt pour manger à Sherbrooke, sur la rue King ouest. Je ne sais pas s’il y a un endroit dans cette ville qui est en effervescence, mais ce n’était pas celui-là. Même si Auguste, le resto du jeune chef branché est juste là ; il y a presque un commerce sur trois de fermé.

Alors j’attends mon prochain rendez-vous avec le doc, car j’ai eu ma résonnance juste avant Noël, et je vous tiens au courant.






















dimanche 4 janvier 2015

DE MA VALISE DE DESSINS

UNE CARTE POSTALE DE MONTRÉAL

J’ai décidé (d’essayer) de vous abreuver régulièrement d’anecdotes illustrées de mon intense vie passée: voici le premier texte. Désolé pour les deux ou trois personnes qui ont lu et vu mon site web il y a 20 ans, c’était là, mais j’ai quand même remanié les textes, un peu.

Sur l'image ci-dessous nous sommes en 2006, on peut y voir la crinière de Kent Nagano qui commençait sa prestation aux commandes de l'Orchestre Symphonique de Montréal (OSM). Pour saluer l'arrivée du maestro, on voulait faire un évènement grandiose autour de la 9e de Beethoven.

Il y avait les vrais choristes et il y avait les faux choristes, dont je faisais partie. Pendant les pratiques, nous, les pseudos, nous étions assis dans la salle et les pros sur la scène de la PDA. Monsieur N, bien aimable quand même, ne s'est retourné qu'une fois pour nous saluer, il était occupé avec les vrais chanteurs et son orchestre sur la scène. Quand je dis les faux choristes c'est simplement que nous servions un peu de potiches. Nous avons eu trois jours de pratiques pour trois minutes de musique.



Pendant que l’orchestre s’exécutait à l’intérieur, nous étions à l'extérieur sur l'esplanade de la Place des Arts et nous n'avons chanté qu'environ le quart de la partie chorale qui n'est déjà pas si longue. Le tout devant des hauts parleurs géants qui nous crachaient la musique tellement fort dans les oreilles qu’on ne s'entendait même pas hurler nous-mêmes.

Nous étions dirigés par deux chefs de choeur, un pour les dames, un pour les messieurs, qui essayaient, tant bien que mal, de suivre les mouvements de Monsieur N qu'on voyait sur de grosses télés placées derrière eux, mais devant nous. Télés que je ne pouvais même pas apercevoir, parce que j’avais la vue obstruée par d'autres choristes et qu’on m’avait bien dit de ne pas bouger d'un poil parce que, sinon, j'aurais obstrué la vue des caméras qui cherchaient à filmer les danseurs qui faisaient le grand écart derrière moi.

La danseuse était Geneviève Guérard, cette jeune dame qui était populaire à l’époque. Pendant les pratiques je me suis tordu le cou à admirer ses magnifiques jambes musclées.

Finalement, tout ça pour trois minutes de coït Beethovenien, mais je recommencerais n'importe quand. Quel chef d'oeuvre et le chanter vous donne une bien meilleure idée de la complexité de la chose. C'est un mélange hallucinant de saveurs, de textures et de couleurs toujours semblables, mais toujours différentes. On est bien loin de Madonna et de ses manipulations "studioïques". Quand j'entends dire que Mozart ferait du rock & roll s'il vivait aujourd'hui, ça me fait hurler. Il trouverait ça tellement primaire.

La musique c'est beaucoup plus qu'un beat et de l'échantillonnage. Quand on pense, en plus, que Ludwig était sourd quand il a composé la 9e. D'ailleurs, j'ai une primeur  pour vous, si Beethoven était sourd à la fin de sa vie, j'en ai déduit que Picasso était sûrement devenu aveugle et qu'on ne s'en est jamais rendu compte, sinon comment expliquer qu'il ait dessiné aussi mal.

dimanche 28 décembre 2014

CE FUT UN BIEN BEL HIVER!

Pour ceux qui ont manqué l'hiver qui a eu lieu, cette année, du 19 au 22 décembre, voici quelques images de mon fils Thomas et moi au parc du Mont Tremblant, secteur Pimbina. Les décorateurs ont travaillé très forts pour que tout soit parfait.











jeudi 25 décembre 2014

ANNUS HORIBILIS (épisode 9) SUITE ET ENFIN: FIN!

Bon, je m’y remets, faudrait bien que je finisse mon « Annus Horibilis » 2013 avant que 2015 ne me tombe dessus. Pour l’instant j’ai quelques craintes que je vous raconterai bientôt.

Je dois avouer que j’en ai un peu assez de raconter encore ces malheurs qui deviennent de plus en plus anodins. Mais, j’aimerais boucler la boucle et je passerai à autre chose, je vous le jure.

Malheurs 2013  (Il en reste 4)

C’était au printemps, un matin de mai, je pense, je sors promener mon chien. En passant près de ma voiture j’aperçois une fissure dans le pare-brise apparue là sans même que je m’en rende compte. J’ai déjà roulé longtemps avec une longue fissure au bas de ma vitre, mais celle-là était dans mon champ de vision et je ne pouvais l’ignorer.

Je la ferai réparer la semaine suivante, pour la modique somme de 400$,  dans un garage perdu sur le boulevard Industriel à Montréal. Pourquoi là? Je dois avouer que je suis un peu allergique aux Lebeau de ce monde, trop propres.

Le même jour, celui où j’ai trouvé la fissure, je dois aller dîner à Longueuil avec ma sœur au nouveau marché public. C’est perdu dans les champs, mais comme c’est sur de la Savane, rien de plus normal. C’est près de l’Hôtel de Ville, je vois l’endroit, il y a des chapiteaux, mais, pas certain, je passe tout droit. Je prends une petite rue, je stationne, j’appelle ma sœur pour confirmer que c’est bien là. Je repars, fait un virage en U, qui me semble légal.

Mais, la police est là qui veille : on m’arrête. Je dis au policier que j’ignorais que ma manœuvre était illégale. Il me répond : « Ce n’est pas ça, c’est que vous aviez votre cellulaire à la main ». Les bras m’en tombent et j’en échappe presque mon téléphone!

C’est qu’après l’appel à ma sœurette, j’ai décidé de garder mon cellulaire dans ma main. Je voulais être certain de ne pas l’oublier dans la voiture et je trouvais ça trop compliqué de le remettre dans ma poche de jeans. Erreur! J’ai pensé contester, mais selon la loi, que j’ai consultée, on est coupable aussitôt qu’on nous voit au volant avec l’appareil dans la main, même si on ne s’en sert pas : con! Mais, j’étais quand même coupable, car vingt minutes auparavant, j’avais répondu à un appel de mon fils en roulant. Comme on dit, la police pourrait nous arrêter n’importe quand : on est toujours coupable de quelque chose.

Par contre, il est absolument légal de ne pas regarder devant quand on change le poste de radio, ou qu’on fouille dans un sac de chips, ou qu’on consulte son GPS. Pire, moi,  qui ai un nez qui coule comme fontaine, il m’arrive de lâcher le volant pour me moucher avec les deux mains en lâchant le volant. J’ai même déjà vu une dame se maquiller en roulant et elle se regardait dans le rétroviseur. Légal tout ça!

Je me disais dans mon humour subtil, qu’il faudrait dire au policier : « I am eating an Apple ». Manger une pomme ça va, mais tenir un Apple même si on ne s’en sert pas, rien à faire.

D’ailleurs, je me souviens avoir entendu aux nouvelles, il y a quelques années, qu’il y avait eu une baisse des accidents de la route et c’était à l’époque où les gens pouvaient parler au téléphone dans leur voiture. La semaine suivante, ils annonçaient qu’on ne pouvait plus, parce que c’était trop dangereux. Je n’ai jamais compris la logique de la chose et il me semble qu’on se rend bien compte que « texter » en cachette c’est fichtrement plus dangereux. Je pense que Jean Charrette devait avoir des actions dans une compagnie de téléphones, et que c’était pour vendre des trucs mains libres.


Malheur 2013  (Encore 3)

Je dois passer une résonance magnétique à tous les mois, dans le grand tunnel où il fait noir, mais c’est parce que je ferme les yeux : j’aime mieux ne pas me voir affublé de cette magnifique jaquette bleu poudre assortie à mes pantoufles et mon « casse » de douche. En fait, malgré le bruit intense de l’appareil, c’est très relaxant : il suffit de suivre le « beat ». J’ai remarqué ça depuis longtemps que quelle que soit la musique qu’on écoute, il suffit de suivre le rythme pour apprécier. Ici, il n’y a que cela du rythme. Ça fait quelque chose comme un dong, dong, dong un peu nasillard qui change régulièrement de hauteur et de fréquence.

Le côté négatif de la chose, c’est que je ne sais jamais s’ils ne trouveront pas une coquerelle  ou plusieurs en train de me sucer le cerveau.


Malheurs 2013 (Plus que 2)

Il y avait aussi ma banlieusarde de chienne qui a eu tout un choc en arrivant en ville. Elle qui voyait un ou deux chiens par jour, toujours les mêmes, voilà que des dizaines de clebs essayaient d’envahir son espace vital et, croyait-elle, d’agresser son maître. Pas de répit pour elle, elle leur sautait dessus et voulait les mettre en pièces. Elle n’épargnait que les Pitbulls et je la comprends.

Elle jappait après tout ce qui sortait de la norme, les sans abris, par exemple, ou juste les gens qui l’approchaient parce qu’ils la trouvaient « cute » ou, simplement, ceux qui me parlaient. Seul côté positif, elle éloignait assez vite les quêteux de « 25c pour un café » à l’entrée du métro où je passe souvent.

Je n’avais pas non plus tellement l’habitude de la tenir en laisse. Elle était libre de courir dans notre grande cours ou au parc, alors en laisse : petit problème. Ma chienne est une Ferrari, bien difficile de la faire marcher au pied. Pour tout ça, je lui ai payé un cours de dressage (environ 1000 $) avec une semaine en pension, pour amorcer la chose.

Il y a eu amélioration, mais ce n’est que maintenant qu’elle commence à être sortable en public et c’est un peu aussi parce que je la connais. Quand on sort il faut essayer de ne pas croiser d’autres chiens. Les humains, maintenant, ça va, mais faut pas qu’ils s’intéressent à elle ou qu’ils l’effraient en faisant un geste brusque ou encore qu’ils me parlent ; madame est jalouse. Malgré tout ça, je l’adore, je la couvre de bécots et de câlins, et elle aime. J’espère qu’elle ne dénoncera pas le zoophile que je suis.


Malheurs 2013 (C’est fini !)

Je vous ai raconté que sur le papier qu’on m’avait donné à l’achat de mon chien, il y avait la signature d’une vétérinaire qui disait que Maya avait été opérée. Ce n’était pas le cas, comme vous le savez, si vous me lisez. Alors peu de temps après que les chiots ait été placés dans de bonnes familles, j’ai décidé de rappeler la dite vétérinaire, non sans avoir appelé l’ordre des vétérinaires pour connaître mes droits.

Quand j’ai téléphoné à la clinique, ils m’ont d’abord dit qu’ils ne trouvaient plus le papier. Puis j’ai parlé à la vétérinaire qui m’a dit d’un ton sec et hautain « Je ne signe pas de papier disant que j’ai opéré un animal si ce n’est pas le cas ». Je lui ai envoyé le papier par courriel, elle a changé de ton, sachant que sa réputation était en jeu et m’a offert d’opérer Maya gratuitement.

Petit problème, ils étaient à Sorel. Ce n’est pas si loin, mais ce n’est qu’un petit désagrément de plus dans ma vie torturée. Alors, j’ai fait l’aller-retour deux fois. Pour les points de suture, j’ai été chez un vétérinaire près de chez moi.  Je préférais payer que de me taper un autre voyage dans ce magnifique coin de pays.



jeudi 13 novembre 2014

ANNUS HORIBILIS (épisode 8)

MON SITE WEB

Depuis presque huit ans, mes sites web, autant celui avec mes illustrations que celui de mes cartes postales de voyage sont hébergés au même endroit. Ça ne coûte pas trop cher à comparer à ce que c'était à mes premiers pas dans le merveilleux monde du cyber espace.

Mais, quelque chose d'étrange va se passer en ce mois de juin 2013, mon site va disparaître corps et biens, sans avertissement. Depuis l'annonce de ma maladie, je dois avouer que je ne m'occupais plus du tout de mon site, ni de ma carrière et que  mon déménagement a peut-être causé un hiatus dans l'utilisation de mon ordinateur. Pourtant, quand j'ai écrit à ceux qui l’hébergeaient, ils m'ont annoncé qu'ils venaient à peine de le détruire. Vous savez quoi, ça ne m'a rien fait, j’en étais même heureux. Quelle belle coïncidence que mon site disparaisse en même temps que ma vie.

Ils m'ont dit qu’ils m’avaient envoyé une douzaine de courriels m'avertissant de paiements en retard, des étapes avant la destruction de mon site etc. Mais, je n'ai jamais rien reçu, je vous le jure. J'ai vérifié dans mes courriels, ma poubelle: rien. Pas une ligne d'un écrit de leur part; comme si tout ce qu'ils m'avaient envoyé avaient été aspiré par le triangle des Bermudes de l'internet.


LE ZONA! C’EST QUOI ÇA?

Autre malheur : C’est l’automne, en 2013 toujours, je suis au verger de ma sœur, je promène mon chien au bout d’une longue corde. Mon frère est un peu plus loin, je ne le vois pas. Il siffle son chien à lui, mais, c’est la mienne qui part et à pleine allure. J’essaie de l’arrêter, mais rien à faire mon bolide me précipite par terre et j’entends clairement deux vertèbres craquer dans mon cou. Je me dis ça y est, je vais devenir quadraplégique en plus. Je retourne chez ma sœur, me mets de la chaleur, ça semble aller. Le lendemain aussi, tout est normal. Mais, quelques temps plus tard je me mets à ressentir des chocs électriques sur le côté de la tête où on m’avait opéré pour me faire une biopsie au début de 2013. Une cicatrice longue d’au moins cinq pouces qui a du me valoir quelques nerfs sectionnés qui se rebellent aujourd’hui.

Donc petits chocs agaçants, puis mon oreille du même côté, à gauche, s’infecte, un liquide en coule. Puis, mon avant-bras devient insensible et mon petit doigt et l’annulaire sont comme engourdis. Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Comme je suis persuadé que c’est dû à mes os du cou, je consulte mon chiro, qui est un être pour qui j’ai un énorme respect. Il m’a sauvé le nerf sciatique plusieurs fois. C’est certain il faut le payer pour vrai lui, mais au moins il est accessible.

Il me dit que je fais un zona. Un quoi???? Un zona. Je vous mets ici la liste de ce qui peut causer un Zona : D’abord il faut avoir eu la varicelle, je l’ai eu. Le virus se cache par la suite dans les racines nerveuses tant qu’elles ne sont pas stimulées par les conditions suivantes : le vieillissement, c’est moi, la maladie, c’est moi, la prise de médicaments qui suppriment la fonction immunitaire, encore moi, le VIH, je passe et la radiothérapie, encore moi. Je réunissais quatre conditions sur cinq. Pas étonnant que ça me soit tombé dessus.

C’est en écrivant ceci que je fais ces quelques recherches et que j’en apprends plus. Je suis un peu ébahi. Il n’y a que mon chiro qui a pris tout ça au sérieux mais il n’en savait pas tant que ça et mon médecin ne m’a rien dit de plus quand je l’ai vu: mon infection était terminée. Ce n’est qu’en ce moment en lisant sur internet que j’apprends que j’aurais pu passer cette jolie maladie à d’autres vieillards comme moi et même donner la varicelle à des enfants.

Je n’ai été atteint que légèrement, à mon souvenir ça a duré deux semaines. Trop compliqué d’aller voir un doc, j’avais un onguent passé date qui traînait dans ma pharmacie et qui contenait de la cortisone. Je m’en suis mis dans l’oreille et sur l’éruption cutanée que j’avais sur l’épaule et ça a marché. Mon plus vieux fils vous dira que je suis un expert en médicaments périmés. Je n’ai rien dans ma pharmacie qui ne date d’au moins dix ans, et lui qui a travaillé dans une pharmacie se moque un peu de mon hérésie.

J’avais aussi une légère éruption cutanée sur l’épaule et là, il faut me croire sur parole, mais elle était en forme de cœur brisé, comme un symbole de ma vie. J’ai une photo à l’appui, mais je vais vous épargner mes pustules.

Je vous dis ici ce qui aurait pu m’arriver : l’éruption peut s’étendre et même beaucoup, ça dépend des nerfs atteints, mais dans mon cas c’est resté assez circonscrit. Ça peut causer des démangeaisons insupportables, moi à  peine, je suis donc CHANCEUX! Et la névralgie, était bénigne, alors qu’elle peut causer des douleurs intenses et durer plusieurs semaines, mois ou années et peut rester à vie. Moi deux semaines, mais vraiment bizarre de sensation comme si j’avais eu une partie de l’avant bras gelé, insensible.

Un autre détail, ça peut revenir une fois, deux fois, trois fois, à vie, de ça je ne suis pas à l’abri.


dimanche 2 novembre 2014

ANNUS HORIBILIS (épisode 7)

LE PONT PRÈS DE CHEZ MOI
Je reprends le récit de mes malheurs de 2013, je sais c’est long, mais il m’est arrivé tellement de choses en si peu de temps que c’est normal que ça s’étire un peu.

Je vous ai déjà raconté mon épopée canine mais juste avant, il y a eu mon déménagement. Bon, je reviens de Calgary, un voyage qui, comme je vous l’ai dit je pense, je me devais de faire avant le grand dérangement et si vous vous souvenez de ce que je vous ai dit sur ce voyage, le bon Dieu m’a bien puni d’avoir pensé à mon plaisir en premier.

Donc, retour de l’ouest canadien sans problème, mais, j’apprends qu’elle a fait changer toutes les serrures; c’est là que je me suis rendu compte que, peut-être, je n’étais plus le bienvenu dans ce qui avait été chez moi. Ce soir-là, j’ai couché je ne sais plus où : amnésie totale. Pas chez elle en tous cas, ni dans mon appart. Peut-être dans mon char, comme le disait Richard.

Je déménageais aux aurores le lendemain de mon retour. Je me présente à mon ancien chez moi, elle déverrouille. C’est une serrure électronique qui fait de drôles de bruits et se reverrouille toute seule derrière nous. J’ai l’impression d’entrer dans une forteresse dont je suis le principal exclus. Je mets les pieds dans le vestibule, Maya et ses petits sont là dans la garde-robe de l’entrée. Ma « pitoune » est heureuse de me voir, mais pas le temps de dorloter les petits, les déménageurs arrivent.

M. CHIOVITTI, SALLE D'ATTENTE RADIO
Ils vident prestement le garage où sont empilés mes trucs, je mets le plus fragile dans ma « van » et on part pour Montréal. Fini la vie de Nabab, me voici en appartement au troisième étage d’un triplex du quartier Ville-Marie. À ce moment-là, je croyais encore que mon bloc faisait partie de Hochelaga-Maisonneuve, mais je l’ai échappée belle par quelques coins de rue. J’ai mon standing quand même!

Vous savez comment ça marche dans une ville : les très riches sont toujours sur la montagne, les moyens riches, en haut de la côte, les pauvres en bas et les très pauvres, en bas et de l’autre côté de la « track » de chemin de fer. Moi je suis en bas, mais à quatre coins de rue de la voie ferrée, ouf!

Pour vous donner un exemple de ce qu’est mon quartier, j’entends en ce moment mon voisin d’en face sabler une vieille Beetle et ce depuis le début de l’été. Il se trouve toujours quelque chose à « bizouner », mais dans la rue et sous ma fenêtre. Par contre, on m’a dit que c’était pire il y a peu. Paraît qu’ils ont refoulé drogué(e)s et prostitué(e)s dans Homa.

Autres détails, j’habite à un coin de rue de l’usine de tabac de la McDonald et la Molson est juste un peu plus loin, alors certains jours, je n’ai qu’à prendre une grande respiration pour avoir ma dose de tabac et de houblon, il faut ajouter à cela les odeurs de pot qui montent de chez ma voisine d’en-dessous qui fume légalement pour son asthme et son fils qui lui fume seulement la cigarette, mais, dans la salle de bain, pour épargner sa pauvre mère, sûrement. Ce qu’il ne sait pas, c’est que sa boucane monte directement chez nous. Mais, je suis tolérant, je n’en suis pas à un cancer près.

SALLE D'ATTENTE RADIO: PRISE DE SANG
Je reviens à mon déménagement, il faisait très chaud ce jour là : canicule. Mes déménageurs étaient en sueur. Heureusement mon neveu qui les connaissait est venu leur prêter main forte. Je ne sais pas si ça m’a couté moins cher, mais, au moins çà été un peu plus rapide. Coût de l’opération, autour de 1000$. J’avais beaucoup de livres, ils me le feront savoir. Même si je m’étais départi de plus du tiers d’entre eux, il n’y avait presque juste ça. Les livres sont et seront toujours l’objet le plus précieux pour moi, même si quelqu’un me disait souvent que je ne les regardais jamais, ce qui est absolument vrai.

Mes frères et sœurs et ma mère étaient là pour m’appuyer moralement. Mon petit malheur ici, c’est que ça m’a coûté au moins le double de déménager fin juin que si je l’avais fait à la mi mai, comme prévu, mais cette fois je n’ai que (presque seulement) moi à blâmer.

Autre bizarrerie du sort, j’avais acheté peu de temps auparavant, un lit « queen » dans le tel-quel chez IKEA, sur les conseils de la même gentille personne. Je l’avais démonté moi-même en quelques morceaux et l’avais fourgué tout seul, dans ma van avec le matelas en forçant et en tordant  un peu tout ça et je l’avais laissé ensuite dans notre garage à elle.

En le remontant dans mon nouveau chez moi, surprise, il manque un des montants latéraux : impossible d’assembler le lit. Je demande aux déménageurs s’ils ont vu la pièce, rien, chez mon ex, rien non plus. Après avoir couché par terre pendant quelques semaines avec le lit presque monté autour de moi, je me décide à consulter le catalogue et le site de IKEA : ils ne vendent pas les morceaux séparément. Je dois y aller.

MONSIEUR PHANEUF, QUE J'AI AIDÉ QUELQUES FOIS À ATTACHER SA JAQUETTE
Là, impossible d’avoir cette planche précise de la couleur que je veux. Tout ce qu’ils me proposent c’est un morceau de lit blanc en mélamine, un modèle épuisé de l’année dernière. Sauf que mon lit est gris teinté style campagnard. Pas le choix, je le prends, mais la plupart des gougeons et des trous pour les vis n’arrivent même pas au bon endroit, alors je suis obligé de solidifier le tout avec des équerres de métal. Au final, le lit penche un peu du côté droit, mais c’est plus facile d’en descendre le matin et en mettant un long couvre-lit, on ne se rend pas compte de la différence de couleur.

À chaque fois, je me trouve tellement chanceux d’être en « maladie », j’ai tout le temps que je veux pour m’occuper de « cossins » comme ça. Comment faites-vous, vous, les gens normaux pour arriver à tout faire.

Finalement un petit mot sur IKEA que j’en suis venu à haïr pour mourir. Côté objets utilitaires, ça va en général : bon design, simple et solide. Mais les meubles, LES MEUBLES! Tout ce qu’on peut dire d’eux, c’est qu’ils sont jetables. Une fois qu’on en brise une partie, rien à faire : poubelles. J’en ai la preuve, depuis que je suis ici. À chaque déménagement, que des meubles suédois sur le bord des trottoirs.

Si vous allez tout de même magasiner là, faites comme moi (quand j’y allais): entrez par la sortie. Vous n’aurez pas à faire l’infernal labyrinthe au complet avant d’arriver à l’objet que vous voulez. Et puis achetez des meubles plus solides ailleurs, je ne sais pas où mais surtout pas là. J’ai dans ma chambre une commode de 1895, que j’ai payé 600$, il y a vingt ans et qui est aussi solide qu’il y a 119 ans et qui vaudrait encore beaucoup si je la revendais. Mais, c’est votre vie, l’écologie commence là.