dimanche 11 janvier 2015
vendredi 9 janvier 2015
ANNUS HORRIBILIS 2014
PARC DU MONT MÉGANTIC
En voyant ces images, vous avez peut-être eu une sensation de déjà vu, pourtant elles ont été prises un mois avant celles que vous avez vues récemment. Vous allez comprendre pourquoi j’ai attendu pour en parler quand je vous dirai de quoi il en retourne. Et pour ceux et celles que ma vie intéresse, je n’ai vraiment eu qu’un seul malheur en 2014 et c’est celui que je vais vous raconter ici.
Il y a un mois environ, j’étais au Mont Mégantic,
secteur Franceville avec ma petite maman. J’avais loué un chalet pour deux :
joli, tout vitré, avec un petit foyer écolo : très romantique, surtout
avec ma mère que j’aimerai toujours. En arrivant près du parc, il tombait une
petite neige floconneuse et diaphane, du genre qui reste collée aux troncs et
aux branches des arbres et qui crée un décor absolument féérique. Aussitôt
installés, nous sommes ressortis pour faire un très joli sentier qui longe le
ruisseau de la Montagne (parfait pour ma mère de 85 ans) et que nous avons
parcouru aller-retour à quatre reprises au cours de notre séjour; elle est
en forme quand même.
Moi, la deuxième journée, j’ai escaladé la plus
grosse montagne du coin, une butte en fait, mais au Québec, pas trop loin de
Montréal, c’est tout ce qu’on trouve. Onze kilomètres en boucle, avec quelques
très belles vues, ça s’appelle le sentier des Cimes. Rien d’essoufflant,
surtout que je m’arrêtais pour faire de petits dessins. Malheureusement le
retour est plutôt monotone, c’est un long corridor de quelques kilomètres, sur
une route plate entourées de grands arbres. C’est joli, mais tellement tout
pareil qu’à un moment je me suis demandé si je ne m’étais pas trompé de chemin.
Si j’avais à la refaire, je remonterais simplement la montagne dans l’autre
sens.
Par contre sur la montagne, j’ai commencé une
migraine optique qui est tout de même passée assez vite. J’ai toujours eu ces
migraines, mais elles sont beaucoup plus fréquentes depuis un an. Environ une
fois par semaine il m’apparaît une sorte de feu d’artifice dans les yeux, et je
ne vois plus rien au centre de mon champ de vision. Après quelques minutes le
cercle s’élargit puis finit par disparaître. Pour vous rassurer, je ne suis
jamais totalement aveugle, mais peut-être à 15 ou 20%. Paraît que ça peut donner
des maux de tête, mais dans mon cas, à peu près rien la plupart du temps.
De retour au chalet, j’ai préparé le souper, on a
mangé et comme il n’y avait rien d’autre à faire je me suis étendu sur mon lit
pour pratiquer ma musique (je chante avec le chœur de l’Orchestre
Métropolitain). Il faut préciser que le chalet est vraiment petit, il n’y a pas
de fauteuil. Il y a bien une sorte de « beanbag » sur lequel j’ai
essayé de m’asseoir mais il glissait et était si bas que pour se relever, à mon
âge, ça prend de l’aide et comme ma mère est encore plus vieille que moi, on
s’est abstenu.
Bon, venons-en aux faits, après avoir répété mes
partitions, j’ai commencé à lire, mais les lettres se sont mises à danser
devant mes yeux : impossible de déchiffrer ce que je voyais. Je voyais les
lettres, mais impossible d’en faire des mots. J’avais beau essayer, rien à faire,
exactement comme avant qu’on me donne de la cortizone au début de 2013, à
l’époque où on m’a annoncé que j’avais une tumeur au cerveau.
Puis, je me suis tourné vers ma mère, je lui ai dit
« Thomas », le nom de mon fils, puis « Martine » le nom de
mon ex et finalement « Maman ». Je sentais que ça n’allait pas. Je
m’exprimais normalement, mais lorsque j’ai essayé de nommer ce qu’il y avait
devant moi, mon chapeau et mon manteau, impossible ! J’avais beau essayer,
rien à faire. Je ne paniquais pas, c’était un peu irréel. J’ai fini par
demander à ma mère comment s’appelaient ces objets, elle me l’a dit, mais toutes
les choses autour avaient perdu leur nom. Il n’était que huit heures, mais on a
décidé de se coucher. Je sais que la mémoire m’est revenue éventuellement, mais
je me suis endormi là-dessus.
Le pire là-dedans, c’était de voir ma mère qui devait
s’imaginer prise seul avec cet handicapé du cerveau, au milieu de ce qu’on
appelle toujours nulle part et qui, comme par hasard, est toujours là où on se
trouve, suis-je clair? Surtout qu’elle avait essayé, sans succès, de conduire
ma grosse « van » cet après-midi là. J’imagine qu’elle se voyait
courir à en mourir pour aller demander de l’aide aux chalets voisins, comme
dans un mauvais film, au ralenti, avec de la grosse musique dramatique.
C’est drôle, quand c’est arrivé, c’est elle qui était
solide, mais, le lendemain c’est moi qui ai dû la rassurer. Je me sentais tout
à fait normal, en contrôle, mais un doute subsistait quand même dans mon esprit :
ça pouvait m’arriver, encore, soudainement. Par contre, je savais que ça
n’affectait qu’une infime partie de mes capacités, puisque avant que je ne sois
diagnostiqué je menais une vie presque normale avec mes pertes de mémoire.
Cependant, quelques jours plus tard, j’ai eu l’impression,
qui s’est confirmée, d’avoir perdu une petite partie de ma vision. J’en avais
déjà perdu un peu sur le côté gauche, mais là, c’est devant. Un minuscule
point, comme si j’avais en permanence une lueur de flash gravé sur la rétine.
Aussi, je devais voir mon médecin à la mi-décembre,
après avoir passé une autre résonnance magnétique, mais ces personnes qui sont
en général fiables m’ont oublié. Alors pas de résonnance, donc pas de médecin
non plus. Je le verrai sûrement en janvier, mais comme je n’ai pas eu d’autre
phase amnésique, je ne m’en fais qu’à moitié.
On est revenu le lendemain de cet évènement, sans
anicroche, avec un arrêt pour manger à Sherbrooke, sur la rue King ouest. Je ne
sais pas s’il y a un endroit dans cette ville qui est en effervescence, mais ce
n’était pas celui-là. Même si Auguste, le resto du jeune chef branché est juste
là ; il y a presque un commerce sur trois de fermé.
Alors j’attends mon prochain rendez-vous avec le
doc, car j’ai eu ma résonnance juste avant Noël, et je vous tiens au courant.
dimanche 4 janvier 2015
DE MA VALISE DE DESSINS
UNE CARTE POSTALE DE MONTRÉAL
J’ai décidé (d’essayer) de vous abreuver régulièrement d’anecdotes
illustrées de mon intense vie passée: voici le premier texte. Désolé pour les
deux ou trois personnes qui ont lu et vu mon site web il y a 20 ans, c’était
là, mais j’ai quand même remanié les textes, un peu.
Sur l'image ci-dessous nous sommes en 2006, on peut y voir la crinière
de Kent Nagano qui commençait sa prestation aux commandes de l'Orchestre
Symphonique de Montréal (OSM). Pour saluer l'arrivée du maestro, on voulait
faire un évènement grandiose autour de la 9e de Beethoven.
Il y avait les vrais choristes et il y avait les faux choristes, dont je
faisais partie. Pendant les pratiques, nous, les pseudos, nous étions assis
dans la salle et les pros sur la scène de la PDA. Monsieur N, bien aimable
quand même, ne s'est retourné qu'une fois pour nous saluer, il était occupé
avec les vrais chanteurs et son orchestre sur la scène. Quand je dis les faux
choristes c'est simplement que nous servions un peu de potiches. Nous avons eu
trois jours de pratiques pour trois minutes de musique.
Pendant que l’orchestre s’exécutait à l’intérieur, nous étions à l'extérieur sur l'esplanade de la Place des Arts et nous n'avons chanté qu'environ le quart de la partie chorale qui n'est déjà pas si longue. Le tout devant des hauts parleurs géants qui nous crachaient la musique tellement fort dans les oreilles qu’on ne s'entendait même pas hurler nous-mêmes.
Nous étions dirigés par deux chefs de choeur, un pour les dames, un pour les messieurs, qui essayaient, tant bien que mal, de suivre les mouvements de Monsieur N qu'on voyait sur de grosses télés placées derrière eux, mais devant nous. Télés que je ne pouvais même pas apercevoir, parce que j’avais la vue obstruée par d'autres choristes et qu’on m’avait bien dit de ne pas bouger d'un poil parce que, sinon, j'aurais obstrué la vue des caméras qui cherchaient à filmer les danseurs qui faisaient le grand écart derrière moi.
La danseuse était Geneviève Guérard, cette jeune dame qui était populaire à l’époque. Pendant les pratiques je me suis tordu le cou à admirer ses magnifiques jambes musclées.
Finalement, tout ça pour trois minutes de coït Beethovenien, mais je recommencerais n'importe quand. Quel chef d'oeuvre et le chanter vous donne une bien meilleure idée de la complexité de la chose. C'est un mélange hallucinant de saveurs, de textures et de couleurs toujours semblables, mais toujours différentes. On est bien loin de Madonna et de ses manipulations "studioïques". Quand j'entends dire que Mozart ferait du rock & roll s'il vivait aujourd'hui, ça me fait hurler. Il trouverait ça tellement primaire.
La musique c'est beaucoup plus qu'un beat et de l'échantillonnage. Quand on pense, en plus, que Ludwig était sourd quand il a composé la 9e. D'ailleurs, j'ai une primeur pour vous, si Beethoven était sourd à la fin de sa vie, j'en ai déduit que Picasso était sûrement devenu aveugle et qu'on ne s'en est jamais rendu compte, sinon comment expliquer qu'il ait dessiné aussi mal.
dimanche 28 décembre 2014
CE FUT UN BIEN BEL HIVER!
jeudi 25 décembre 2014
ANNUS HORIBILIS (épisode 9) SUITE ET ENFIN: FIN!
Bon, je m’y remets, faudrait bien
que je finisse mon « Annus Horibilis » 2013 avant que 2015 ne me
tombe dessus. Pour l’instant j’ai quelques craintes que je vous raconterai bientôt.
Je dois avouer que j’en ai un peu
assez de raconter encore ces malheurs qui deviennent de plus en plus anodins.
Mais, j’aimerais boucler la boucle et je passerai à autre chose, je vous le
jure.
Malheurs 2013 (Il en reste 4)
C’était au printemps, un matin de
mai, je pense, je sors promener mon chien. En passant près de ma voiture
j’aperçois une fissure dans le pare-brise apparue là sans même que je m’en
rende compte. J’ai déjà roulé longtemps avec une longue fissure au bas de ma
vitre, mais celle-là était dans mon champ de vision et je ne pouvais l’ignorer.
Je la ferai réparer la semaine
suivante, pour la modique somme de 400$,
dans un garage perdu sur le boulevard Industriel à Montréal. Pourquoi
là? Je dois avouer que je suis un peu allergique aux Lebeau de ce monde, trop
propres.
Le même jour, celui où j’ai
trouvé la fissure, je dois aller dîner à Longueuil avec ma sœur au nouveau
marché public. C’est perdu dans les champs, mais comme c’est sur de la Savane,
rien de plus normal. C’est près de l’Hôtel de Ville, je vois l’endroit, il y a
des chapiteaux, mais, pas certain, je passe tout droit. Je prends une petite
rue, je stationne, j’appelle ma sœur pour confirmer que c’est bien là. Je
repars, fait un virage en U, qui me semble légal.
Mais, la police est là qui
veille : on m’arrête. Je dis au policier que j’ignorais que ma manœuvre
était illégale. Il me répond : « Ce n’est pas ça, c’est que vous
aviez votre cellulaire à la main ». Les bras m’en tombent et j’en échappe
presque mon téléphone!
C’est qu’après l’appel à ma
sœurette, j’ai décidé de garder mon cellulaire dans ma main. Je voulais être
certain de ne pas l’oublier dans la voiture et je trouvais ça trop compliqué de
le remettre dans ma poche de jeans. Erreur! J’ai pensé contester, mais selon la
loi, que j’ai consultée, on est coupable aussitôt qu’on nous voit au volant
avec l’appareil dans la main, même si on ne s’en sert pas : con! Mais,
j’étais quand même coupable, car vingt minutes auparavant, j’avais répondu à un
appel de mon fils en roulant. Comme on dit, la police pourrait nous arrêter
n’importe quand : on est toujours coupable de quelque chose.
Par contre, il est absolument
légal de ne pas regarder devant quand on change le poste de radio, ou qu’on
fouille dans un sac de chips, ou qu’on consulte son GPS. Pire, moi, qui ai un nez qui coule comme fontaine,
il m’arrive de lâcher le volant pour me moucher avec les deux mains en lâchant
le volant. J’ai même déjà vu une dame se maquiller en roulant et elle se
regardait dans le rétroviseur. Légal tout ça!
Je me disais dans mon humour
subtil, qu’il faudrait dire au policier : « I am eating an
Apple ». Manger une pomme ça va, mais tenir un Apple même si on ne s’en
sert pas, rien à faire.
D’ailleurs, je me souviens avoir
entendu aux nouvelles, il y a quelques années, qu’il y avait eu une baisse des
accidents de la route et c’était à l’époque où les gens pouvaient parler au
téléphone dans leur voiture. La semaine suivante, ils annonçaient qu’on ne
pouvait plus, parce que c’était trop dangereux. Je n’ai jamais compris la
logique de la chose et il me semble qu’on se rend bien compte que
« texter » en cachette c’est fichtrement plus dangereux. Je pense que
Jean Charrette devait avoir des actions dans une compagnie de téléphones, et
que c’était pour vendre des trucs mains libres.
Malheur 2013 (Encore 3)
Je dois passer une résonance magnétique à tous les
mois, dans le grand tunnel où il fait noir, mais c’est parce que je ferme les
yeux : j’aime mieux ne pas me voir affublé de cette magnifique jaquette
bleu poudre assortie à mes pantoufles et mon « casse » de douche. En
fait, malgré le bruit intense de l’appareil, c’est très relaxant : il
suffit de suivre le « beat ». J’ai remarqué ça depuis longtemps que
quelle que soit la musique qu’on écoute, il suffit de suivre le rythme pour
apprécier. Ici, il n’y a que cela du rythme. Ça fait quelque chose comme un
dong, dong, dong un peu nasillard qui change régulièrement de hauteur et de
fréquence.
Le côté négatif de la chose, c’est que je ne sais
jamais s’ils ne trouveront pas une coquerelle ou plusieurs en train de me sucer le cerveau.
Malheurs 2013 (Plus que 2)
Il y avait aussi ma banlieusarde de chienne qui a
eu tout un choc en arrivant en ville. Elle qui voyait un ou deux chiens par
jour, toujours les mêmes, voilà que des dizaines de clebs essayaient d’envahir
son espace vital et, croyait-elle, d’agresser son maître. Pas de répit pour
elle, elle leur sautait dessus et voulait les mettre en pièces. Elle
n’épargnait que les Pitbulls et je la comprends.
Elle jappait après tout ce qui sortait de la norme,
les sans abris, par exemple, ou juste les gens qui l’approchaient parce qu’ils
la trouvaient « cute » ou, simplement, ceux qui me parlaient. Seul
côté positif, elle éloignait assez vite les quêteux de « 25c pour un
café » à l’entrée du métro où je passe souvent.
Je n’avais pas non plus tellement l’habitude de la
tenir en laisse. Elle était libre de courir dans notre grande cours ou au parc,
alors en laisse : petit problème. Ma chienne est une Ferrari, bien
difficile de la faire marcher au pied. Pour tout ça, je lui ai payé un cours de
dressage (environ 1000 $) avec une semaine en pension, pour amorcer
la chose.
Il y a eu amélioration, mais ce n’est que
maintenant qu’elle commence à être sortable en public et c’est un peu aussi
parce que je la connais. Quand on sort il faut essayer de ne pas croiser
d’autres chiens. Les humains, maintenant, ça va, mais faut pas qu’ils s’intéressent
à elle ou qu’ils l’effraient en faisant un geste brusque ou encore qu’ils me
parlent ; madame est jalouse. Malgré tout ça, je l’adore, je la couvre de
bécots et de câlins, et elle aime. J’espère qu’elle ne dénoncera pas le
zoophile que je suis.
Malheurs 2013 (C’est fini !)
Je vous ai raconté que sur le papier qu’on m’avait
donné à l’achat de mon chien, il y avait la signature d’une vétérinaire qui
disait que Maya avait été opérée. Ce n’était pas le cas, comme vous le savez,
si vous me lisez. Alors peu de temps après que les chiots ait été placés dans
de bonnes familles, j’ai décidé de rappeler la dite vétérinaire, non sans avoir
appelé l’ordre des vétérinaires pour connaître mes droits.
Quand j’ai téléphoné à la clinique, ils m’ont
d’abord dit qu’ils ne trouvaient plus le papier. Puis j’ai parlé à la
vétérinaire qui m’a dit d’un ton sec et hautain « Je ne signe pas de
papier disant que j’ai opéré un animal si ce n’est pas le cas ». Je lui ai
envoyé le papier par courriel, elle a changé de ton, sachant que sa réputation
était en jeu et m’a offert d’opérer Maya gratuitement.
Petit problème, ils étaient à Sorel. Ce n’est pas
si loin, mais ce n’est qu’un petit désagrément de plus dans ma vie torturée.
Alors, j’ai fait l’aller-retour deux fois. Pour les points de suture, j’ai été
chez un vétérinaire près de chez moi.
Je préférais payer que de me taper un autre voyage dans ce magnifique
coin de pays.
jeudi 13 novembre 2014
ANNUS HORIBILIS (épisode 8)
MON SITE WEB
Depuis presque huit ans, mes sites web, autant celui avec mes illustrations que celui de mes cartes postales de voyage sont hébergés au même endroit. Ça ne coûte pas trop cher à comparer à ce que c'était à mes premiers pas dans le merveilleux monde du cyber espace.
Mais, quelque chose d'étrange va se passer en ce mois de juin 2013, mon site va disparaître corps et biens, sans avertissement. Depuis l'annonce de ma maladie, je dois avouer que je ne m'occupais plus du tout de mon site, ni de ma carrière et que mon déménagement a peut-être causé un hiatus dans l'utilisation de mon ordinateur. Pourtant, quand j'ai écrit à ceux qui l’hébergeaient, ils m'ont annoncé qu'ils venaient à peine de le détruire. Vous savez quoi, ça ne m'a rien fait, j’en étais même heureux. Quelle belle coïncidence que mon site disparaisse en même temps que ma vie.
Ils m'ont dit qu’ils m’avaient envoyé une douzaine de courriels m'avertissant de paiements en retard, des étapes avant la destruction de mon site etc. Mais, je n'ai jamais rien reçu, je vous le jure. J'ai vérifié dans mes courriels, ma poubelle: rien. Pas une ligne d'un écrit de leur part; comme si tout ce qu'ils m'avaient envoyé avaient été aspiré par le triangle des Bermudes de l'internet.
LE ZONA! C’EST QUOI ÇA?
Autre malheur : C’est
l’automne, en 2013 toujours, je suis au verger de ma sœur, je promène mon chien
au bout d’une longue corde. Mon frère est un peu plus loin, je ne le vois pas.
Il siffle son chien à lui, mais, c’est la mienne qui part et à pleine allure.
J’essaie de l’arrêter, mais rien à faire mon bolide me précipite par terre et
j’entends clairement deux vertèbres craquer dans mon cou. Je me dis ça y est,
je vais devenir quadraplégique en plus. Je retourne chez ma sœur, me mets de la
chaleur, ça semble aller. Le lendemain aussi, tout est normal. Mais, quelques
temps plus tard je me mets à ressentir des chocs électriques sur le côté de la
tête où on m’avait opéré pour me faire une biopsie au début de 2013. Une
cicatrice longue d’au moins cinq pouces qui a du me valoir quelques nerfs
sectionnés qui se rebellent aujourd’hui.
Donc petits chocs agaçants, puis
mon oreille du même côté, à gauche, s’infecte, un liquide en coule. Puis, mon
avant-bras devient insensible et mon petit doigt et l’annulaire sont comme
engourdis. Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Comme je suis persuadé que
c’est dû à mes os du cou, je consulte mon chiro, qui est un être pour qui j’ai
un énorme respect. Il m’a sauvé le nerf sciatique plusieurs fois. C’est certain
il faut le payer pour vrai lui, mais au moins il est accessible.
Il me dit que je fais un zona. Un
quoi???? Un zona. Je vous mets ici la liste de ce qui peut causer un
Zona : D’abord il faut avoir eu la varicelle, je l’ai eu. Le virus se
cache par la suite dans les racines nerveuses tant qu’elles ne sont pas
stimulées par les conditions suivantes : le vieillissement, c’est moi, la maladie,
c’est moi, la prise de médicaments qui suppriment la fonction immunitaire,
encore moi, le VIH, je passe et la radiothérapie, encore moi. Je réunissais
quatre conditions sur cinq. Pas étonnant que ça me soit tombé dessus.
C’est en écrivant ceci que je
fais ces quelques recherches et que j’en apprends plus. Je suis un peu ébahi.
Il n’y a que mon chiro qui a pris tout ça au sérieux mais il n’en savait pas
tant que ça et mon médecin ne m’a rien dit de plus quand je l’ai vu: mon
infection était terminée. Ce n’est qu’en ce moment en lisant sur internet que
j’apprends que j’aurais pu passer cette jolie maladie à d’autres vieillards
comme moi et même donner la varicelle à des enfants.
Je n’ai été atteint que
légèrement, à mon souvenir ça a duré deux semaines. Trop compliqué d’aller voir
un doc, j’avais un onguent passé date qui traînait dans ma pharmacie et qui
contenait de la cortisone. Je m’en suis mis dans l’oreille et sur l’éruption
cutanée que j’avais sur l’épaule et ça a marché. Mon plus vieux fils vous dira
que je suis un expert en médicaments périmés. Je n’ai rien dans ma pharmacie
qui ne date d’au moins dix ans, et lui qui a travaillé dans une pharmacie se
moque un peu de mon hérésie.
J’avais aussi une légère éruption
cutanée sur l’épaule et là, il faut me croire sur parole, mais elle était en
forme de cœur brisé, comme un symbole de ma vie. J’ai une photo à l’appui, mais
je vais vous épargner mes pustules.
Je vous dis ici ce qui aurait pu
m’arriver : l’éruption peut s’étendre et même beaucoup, ça dépend des
nerfs atteints, mais dans mon cas c’est resté assez circonscrit. Ça peut causer
des démangeaisons insupportables, moi à
peine, je suis donc CHANCEUX! Et la névralgie, était bénigne, alors
qu’elle peut causer des douleurs intenses et durer plusieurs semaines, mois ou années
et peut rester à vie. Moi deux semaines, mais vraiment bizarre de sensation
comme si j’avais eu une partie de l’avant bras gelé, insensible.
Un
autre détail, ça peut revenir une fois, deux fois, trois fois, à vie, de ça je
ne suis pas à l’abri.
dimanche 2 novembre 2014
ANNUS HORIBILIS (épisode 7)
![]() |
| LE PONT PRÈS DE CHEZ MOI |
Je reprends le récit de mes
malheurs de 2013, je sais c’est long, mais il m’est arrivé tellement de choses
en si peu de temps que c’est normal que ça s’étire un peu.
Je vous ai déjà raconté mon
épopée canine mais juste avant, il y a eu mon déménagement. Bon, je reviens de
Calgary, un voyage qui, comme je vous l’ai dit je pense, je me devais de faire
avant le grand dérangement et si vous vous souvenez de ce que je vous ai dit
sur ce voyage, le bon Dieu m’a bien puni d’avoir pensé à mon plaisir en
premier.
Donc, retour de l’ouest canadien
sans problème, mais, j’apprends qu’elle a fait changer toutes les serrures;
c’est là que je me suis rendu compte que, peut-être, je n’étais plus le
bienvenu dans ce qui avait été chez moi. Ce soir-là, j’ai couché je ne sais
plus où : amnésie totale. Pas chez elle en tous cas, ni dans mon appart.
Peut-être dans mon char, comme le disait Richard.
Je déménageais aux aurores le
lendemain de mon retour. Je me présente à mon ancien chez moi, elle
déverrouille. C’est une serrure électronique qui fait de drôles de bruits et se
reverrouille toute seule derrière nous. J’ai l’impression d’entrer dans une
forteresse dont je suis le principal exclus. Je mets les pieds dans le
vestibule, Maya et ses petits sont là dans la garde-robe de l’entrée. Ma « pitoune »
est heureuse de me voir, mais pas le temps de dorloter les petits, les
déménageurs arrivent.
![]() |
| M. CHIOVITTI, SALLE D'ATTENTE RADIO |
Ils vident prestement le garage
où sont empilés mes trucs, je mets le plus fragile dans ma « van » et
on part pour Montréal. Fini la vie de Nabab, me voici en appartement au
troisième étage d’un triplex du quartier Ville-Marie. À ce moment-là, je
croyais encore que mon bloc faisait partie de Hochelaga-Maisonneuve, mais je
l’ai échappée belle par quelques coins de rue. J’ai mon standing quand même!
Vous savez comment ça marche dans
une ville : les très riches sont toujours sur la montagne, les moyens
riches, en haut de la côte, les pauvres en bas et les très pauvres, en bas et de
l’autre côté de la « track » de chemin de fer. Moi je suis en bas,
mais à quatre coins de rue de la voie ferrée, ouf!
Pour vous donner un exemple de ce
qu’est mon quartier, j’entends en ce moment mon voisin d’en face sabler une vieille
Beetle et ce depuis le début de l’été. Il se trouve toujours quelque chose à
« bizouner », mais dans la rue et sous ma fenêtre. Par contre, on m’a
dit que c’était pire il y a peu. Paraît qu’ils ont refoulé drogué(e)s et
prostitué(e)s dans Homa.
Autres détails,
j’habite à un coin de rue de l’usine de tabac de la McDonald et la Molson est
juste un peu plus loin, alors certains jours, je n’ai qu’à prendre une grande respiration
pour avoir ma dose de tabac et de houblon, il faut ajouter à cela les odeurs de
pot qui montent de chez ma voisine d’en-dessous qui fume légalement pour son asthme
et son fils qui lui fume seulement la cigarette, mais, dans la salle de bain,
pour épargner sa pauvre mère, sûrement. Ce qu’il ne sait pas, c’est que sa
boucane monte directement chez nous. Mais, je suis tolérant, je n’en suis pas à
un cancer près.
![]() |
| SALLE D'ATTENTE RADIO: PRISE DE SANG |
Je reviens à mon déménagement, il
faisait très chaud ce jour là : canicule. Mes déménageurs étaient en sueur.
Heureusement mon neveu qui les connaissait est venu leur prêter main forte. Je
ne sais pas si ça m’a couté moins cher, mais, au moins çà été un peu plus
rapide. Coût de l’opération, autour de 1000$. J’avais beaucoup de livres, ils
me le feront savoir. Même si je m’étais départi de plus du tiers d’entre eux,
il n’y avait presque juste ça. Les livres sont et seront toujours l’objet le
plus précieux pour moi, même si quelqu’un me disait souvent que je ne les regardais
jamais, ce qui est absolument vrai.
Mes frères et sœurs et ma mère
étaient là pour m’appuyer moralement. Mon petit malheur ici, c’est que ça m’a
coûté au moins le double de déménager fin juin que si je l’avais fait à la mi
mai, comme prévu, mais cette fois je n’ai que (presque seulement) moi à blâmer.
Autre bizarrerie du sort, j’avais
acheté peu de temps auparavant, un lit « queen » dans le tel-quel
chez IKEA, sur les conseils de la même gentille personne. Je l’avais démonté
moi-même en quelques morceaux et l’avais fourgué tout seul, dans ma van avec le
matelas en forçant et en tordant un peu tout ça et je l’avais laissé ensuite dans notre garage
à elle.
En le remontant dans mon nouveau
chez moi, surprise, il manque un des montants latéraux : impossible
d’assembler le lit. Je demande aux déménageurs s’ils ont vu la pièce, rien, chez
mon ex, rien non plus. Après avoir couché par terre pendant quelques semaines
avec le lit presque monté autour de moi, je me décide à consulter le catalogue et
le site de IKEA : ils ne vendent pas les morceaux séparément. Je dois y
aller.
![]() |
| MONSIEUR PHANEUF, QUE J'AI AIDÉ QUELQUES FOIS À ATTACHER SA JAQUETTE |
Là, impossible d’avoir cette
planche précise de la couleur que je veux. Tout ce qu’ils me proposent c’est un
morceau de lit blanc en mélamine, un modèle épuisé de l’année dernière. Sauf
que mon lit est gris teinté style campagnard. Pas le choix, je le prends, mais
la plupart des gougeons et des trous pour les vis n’arrivent même pas au bon
endroit, alors je suis obligé de solidifier le tout avec des équerres de métal.
Au final, le lit penche un peu du côté droit, mais c’est plus facile d’en
descendre le matin et en mettant un long couvre-lit, on ne se rend pas compte
de la différence de couleur.
À chaque fois, je me trouve
tellement chanceux d’être en « maladie », j’ai tout le temps que je
veux pour m’occuper de « cossins » comme ça. Comment faites-vous,
vous, les gens normaux pour arriver à tout faire.
Finalement un petit mot sur IKEA
que j’en suis venu à haïr pour mourir. Côté objets utilitaires, ça va en
général : bon design, simple et solide. Mais les meubles, LES MEUBLES! Tout
ce qu’on peut dire d’eux, c’est qu’ils sont jetables. Une fois qu’on en brise
une partie, rien à faire : poubelles. J’en ai la preuve, depuis que je
suis ici. À chaque déménagement, que des meubles suédois sur le bord des trottoirs.
Si vous allez tout de même
magasiner là, faites comme moi (quand j’y allais): entrez par la sortie.
Vous n’aurez pas à faire l’infernal labyrinthe au complet avant d’arriver à
l’objet que vous voulez. Et puis achetez des meubles plus solides ailleurs, je
ne sais pas où mais surtout pas là. J’ai dans ma chambre une commode de 1895,
que j’ai payé 600$, il y a vingt ans et qui est aussi solide qu’il y a 119 ans
et qui vaudrait encore beaucoup si je la revendais. Mais, c’est votre vie,
l’écologie commence là.
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