vendredi 12 septembre 2014

PETIT QUIZ POUR QUELQUES AMI(E)S FACEBOOK

Je suis dans une période nostalgique, je revisite ma vie et mon oeuvre et je suis tombé sur des portraits (pas toujours ressemblants) de plusieurs ami(e)s Facebook que je vous soumet ici, pour voir combien vous en reconnaitrez. 
1-UN CARICATURISTE DEVANT (TROP FACILE) ET UN INCONNU

2-LA BLONDE DU PRÉCÉDENT, QUI EST GRAPHISTE

3-LA BLONDE ET SON CHUM

4-IL A ENCORE BEAUCOUP DE POILS MAIS UN PEU MOINS TOUT DE MÊME


5-L'EXPRESS: IL LIT GORE VIDAL, PORTE UN PULL BRÉTÉCHER ET NE M'A PAS SALUÉ EN SORTANT
6-UN FUTUR INTRONISÉ DE IQ QUI SEMBLE DORMIR PENDANT UNE RÉUNION DU CA

7-MA MEILLEURE AMIE, ILLUSTRATRICE ET ENSEIGNANTE

8-FEMME À TOUT FAIRE D'UNE REVUE BIEN CONNUE, UNE FUTURE MINISTRE ET SON ÉPOUX QUI FAIT TOUJOURS DANS L'HUMOUR ET DANS LE COIN GAUCHE EN BAS L'ÉPOUSE DE L'HOMME DE L'IMAGE SUIVANTE

9-MON RÉDAC CHEF, À L'ÉPOQUE ET UNE AUTEURE JEUNESSE QUE J'AI BEAUCOUP FRÉQUENTÉE

10- LES MÊMES SAUF UNE, LES TROIS EN HAUT À DROITE, AUCUNE IDÉE QUI C'EST

11-ILLUSTRATRICE À LA TIGNASSE BLONDE

12-ILLUSTRATRICE À LA TIGNASSE NOIRE

13-ILLUSTRATRICE À LA TIGNASSE ROUSSE

14-MON MEILLEUR AMI, UN ILLUSTRE INCONNU, SAUF POUR SA BLONDE ET MOI


15-IL N'A FAIT QUE PASSER

16-IL N'A FAIT QUE PASSER LUI AUSSI, MAIS EST PARTI POUR DE BON

17-IL A, COMME MOI, BEAUCOUP MOINS DE CHEVEUX
18-UN AUTRE FUTUR INTRONISÉ DE IQ ET BÉDÉISTE RICHE ET CÉLÈBRE QUE JE FRÉQUENTE POUR CES RAISONS

jeudi 11 septembre 2014

DESSINS SOUVENIRS - ROXANE



Il fut une époque ou j'avais toujours avec moi un gros cahier noir dans lequel je dessinais et collait tout ce que je vivais. Des journaux personnels que je revisite avec plaisir en ce moment, comme pour me rassurer, me rappeler que j'ai un peu vécu. J'ai vraiment l'impression que quand j'aurai terminer de regarder en arrière, je pourrai me permettre de regarder devant.


Ce petit bloc de dessins à pour sujet ma nièce Roxane, qui ma pardonnera de l'exposer à demi nue aux yeux du monde, mais je trouvais tellement que cette image montre bien le sans gêne qu'ont les enfants à cet âge. Elle était vraiment un très bon modèle, immobile, patiente et prenait toujours des poses originales. Est ce que je vous surprendrais si je vous disais qu'elle enseigne les arts aujourd'hui.

ROXANE ET SA COUSINE MYLÈNE


dimanche 7 septembre 2014

ANNUS HORIBILIS (ÉPISODE 6)



Avant d’aller plus loin dans mes malheurs, j’allais oublier de vous parler de notre arrêt à Head-Smashed-in-Buffalo-Jump, qui vaut le détour pour l’histoire, plus que pour le site qui n’est en fait qu’une falaise où les autochtones poussaient les bisons à leur mort. Il faut préciser que c’est avant l’arrivée des chevaux et qu’il fallait connaître à fond les mœurs de ces bêtes pour pouvoir les diriger exactement à cet endroit précis. Il y a aussi un petit musée, avec petit film qui nous montre bien comment ça se déroulait.

L’ENFER

Bon, suite des malheurs de 2013, on vient de tomber en panne et je vois les montagnes si proches, mais maintenant, si lointaines. J'appelle la compagnie de location. Le type au téléphone semble penser que c'est le système électrique, je prie pour qu'il ait raison. Une remorqueuse viendra nous chercher ($$). On attend en se faisant brasser par les camions qui passent en sifflant.


Je ne sais pas à quel moment  j'ai été certain de mon erreur, de ma seconde d'inattention. Il me semblait qu'on ne pouvait pas mettre de l'essence normale dans un véhicule diesel parce que l'embouchure n'est pas la même. Ben non! Donc, retour à Calgary dans la cabine de la remorqueuse, par un beau soir d'été, au soleil couchant; tout à fait déprimant. Le monsieur nous laisse dans le stationnement du premier concessionnaire Chevrolet de Calgary, ce sera notre site de camping illégal et gratuit (quelle aubaine!) pour les prochains jours.

Chanceux comme je suis, on est samedi : ça veut dire pas de mécanicien avant lundi. On nous offre un hôtel à prix réduit, mais que diable, nous avons une maison sur roue, alors nous y resterons. Mais, nous essayerons de passer inaperçus, pour ne pas nous faire déloger par le gardien de sécurité qui passe à chaque nuit et qui pourrait s’avérer trop zélé. Il y a une gare d'autobus de l'autre côté de la rue et on y va pour nos petits et gros besoins, pour ne pas remplir trop vite notre réservoir d’eau noire. Si on ne le remplit pas, on n’a pas à le vider non plus et ça fait une tâche désagréable en moins.
L’environnement est absolument irréel, surtout la nuit avec les gros spots du parking et les autoroutes tout autour: quelles vacances mémorables. En tous cas, pas de grizzlys ici, mais l'humain est parfois pire. On est obligé de traverser quelques autoroutes pour arriver à un endroit plus sympathique de la ville, on visite encore un peu, on n'est pas si loin de ma brûlerie alors on y retourne pour un café, on reprend le Mont Royal, pour aller passer un peu de temps le long de la rivière Bow, on marche et on marche, c'est tout de même agréable. Il fait beau et chaud.

Finalement, le lundi arrive et après avoir espéré en vain, on nous confirme ce qu'on savait déjà : il faudra vider le réservoir ($) et jeter l'essence ($), tout nettoyer le moteur ($$) et remplir le réservoir avec le bon carburant cette fois ($) et ce ne sera pas prêt avant mardi. J’ai mal aux dents à force de grincer.

On revisite un peu la ville, mais le cœur n'y est plus, en plus, on ne veut pas trop s'éloigner, car on attend l'appel du concessionnaire. On lézarde dans un parc, on a l'air de sans-abris, tellement qu’on se fait accoster par des autochtones soûl qui me demandent si je suis le souteneur de mon fils.

Quand mes malheurs cesseront-ils? Bien sûr, ce sont des problèmes de riche, mais je ne le suis pas tant que ça et la coupe déborde. Quand je pense qu'on devrait être dans les montagnes. Heureusement, il nous reste encore quelques jours. En tous cas, c’est ce que je croyais, mais l’ai-je dit, on est en 2013!

Finalement, 1100$ et des poussières plus tard, on repart pour Banff où on s'installe au camping de Mount Tunnel. Tout se passe bien, j'étais déjà venu ici avec les enfants et j'en conservais de beaux souvenirs. Le lendemain, on monte Sulphur Mountain à pied, alors que les paresseux prennent le téléphérique. C'est toujours tellement meilleur de mériter sa vue. La randonnée est très agréable, mais infiniment moins sauvage qu'où nous étions il y a peu. Il faut dire « Hi! » à quelqu’un à tous les cent pieds. On est loin de nos montagnes sauvages, ça ressemble plus à une randonnée familiale qu’à une aventure; les restos et petits musées sont tout près, trop près.
Puis après deux jours de temps mitigé, le ciel va se mettre à pleurer sur nous et peut-être pour nous, et sans arrêt, pendant trois jours, avec à peine quelques arrêts pour laisser passer un arc-en-ciel. Si vous avez suivi les nouvelles à cette époque, vous aurez deviné que nous étions dans le déluge qui a emporté ponts et routes, et créé le chaos dans et autour de Calgary.

Après avoir été victime du pire carambolage de l'année sur la 20, me voilà pris dans le pire déluge au Canada de cette année-là. Le seul grand malheur où je ne serai pas présent, aura été le drame du lac Mégantic. Vous savez pourquoi? Parce que je serais mort à l'heure qu'il est, et le sort ou le bon Dieu ou appelez ça comme vous voudrez, ne veut pas me tuer, mais seulement m'écœurer beaucoup, peut-être pour pouvoir me béatifier à la fin, si je ne sacre pas trop.


Nous étions tout de même à l'abri dans notre camper à flanc de montagne, mais à part manger, on trouvait le temps un peu long. Heureusement, on pouvait au moins se rendre à Banff. On y a été pour visiter le
Buffalo Nations Museum, un lieu tout simple et sympathique sur les première nations et un autre au nom très canadien de Lieu historique national Cave and Basin, qui raconte la découverte des premières sources chaudes de la région.

On a été manger des sushis en se regardant le déluge à la télé, et goûter à la fameuse crème glacée de Cows, pas trop la misère quand même. Puis nous devions prendre l'avion pour revenir, mais impossible; Calgary n'est qu'à une heure de Banff mais il aurait fallu y aller à la nage ou en canot.
LE TYPE EN HAUT À GAUCHE, C'EST MOI
Billets d'avion égale argent, beaucoup d'argent s’il faut annuler et changer les dates. Heureusement, on a appris très vite après l'évènement que nous pouvions annuler et changer nos dates à volonté : situation d’urgence oblige. Alors, on a attendu que les routes soient rouvertes, on a bien essayé de sortir une  fois, mais il y avait un bouchon de voitures et de camions quasi immobiles qui faisait des kilomètres de long pour n’aller nulle part. On a rebroussé chemin à la première sortie.

On a aussi essayé de faire une petite randonnée, mais où nous passions à guai, quelques jours auparavant, c'était maintenant inondé et même mes bottes super étanches ont pris l'eau. Nous étions prisonniers! Qu'allions-nous faire? En plus qu'à la maison, qui n'était plus ma maison, m'attendait une blonde, qui n'était plus ma blonde, qui ne serait pas contente si je repoussais encore le déménagement et un déménageur, qui était encore mon déménageur, tant que je revenais à temps pour la date à laquelle je l'avais réservé, lui et son camion. Et finalement, une chienne sur le point d'accoucher et qui a, finalement, accouché la veille de mon retour, alors que j'aurais dû être là.

Pour ajouter à mon stress, on n'osait plus utiliser le véhicule, la lumière du moteur s'était allumée sur le tableau de bord et le tuyau d'échappement laissait échapper de magnifiques volutes de fumées noires nauséabondes. Mais je restais zen malgré tout, avec mon fils qui est (presque) toujours d'un calme olympien, j'ai l'impression que je pourrais traverser n'importe quelle épreuve. Nous avions parlé à plusieurs personnes de la compagnie de location du VR, qui ne nous avait pas tellement aidé, il y en avait même une qui m'avait franchement ri au nez quand je lui ai demandé si sa compagnie allait me rembourser quelque chose. Elle m'a simplement dit sur un ton moqueur : « c'est de votre faute! ».

Mais ce jour-là, on est tombé sur le bon conseiller. Il nous a d'abord dit que la lumière, si elle était orange et non rouge, c'était sans importance. Puis il nous a suggéré de prendre par le nord, petit détour de 600 km, mais qui nous permettrait de rejoindre l'aéroport qui, lui, fonctionnait normalement. Il était temps de s’en aller, car les épiceries de Banff ressemblaient de plus en plus à celle de l’époque soviétique, avec leurs rayonnages presque vides et l’absence de fruits et légumes frais.
 
REMARQUEZ LE MAGNIFIQUE TIMBRE DE SUZANNE DURANCEAU, JE N'AI EU QU'À COPIER LES COULEURS
On est parti tôt le 23 juin aux aurores et la lumière orange s’est éteinte presque tout de suite. Tout le temps que j’étais à Banff, je désirais aller au Lac Louise, mais j’avais trop peur de brûler le moteur ($$$$). Alors, comme on passait  à côté, on s’y est arrêté; je me souvenais d’une autre époque et de nos enfants se baignant dans les eaux glacées du lac en riant et du salon de thé au lac Agnes, au retour de notre randonnée. Après quelques minutes à rêvasser, on est reparti, on avait une longue route à faire. Trajet fort agréable sur la route 11, en direction de Red Deer, paysages majestueux où j'imagine passent bien peu de touristes comme nous. Une découverte!

Nous avons couché une nuit au camping de Sylvan lake, en chemin, puis direction Canadream, en quelque part près de l'aéroport de Calgary. Mais il nous faut trouver un lave-auto pour notre monstre, car je n'ai pas pris leur forfait tout inclus et j'aurais dû. On en trouve un, on lave et on savonne, mais, aussitôt qu’il sèche, il a l'air aussi sale qu’avant même si on a eu l'impression de travailler fort. Je suis certain qu’ils vont nous faire payer un autre lavage, mais au moins l'intérieur est propre. Finalement nous ne payerons pas pour ça, mais ils nous feront payer pour les kilomètres en trop ($), comme si j’avais eu le choix de faire ce détour. Je ne suis pas content, mais comme ils oublient le remorquage, je ne dis rien.

Pour des vacances pas chères, je pense que j'irai dans un hôtel cinq étoiles, la prochaine fois. Autre fait cocasse, si je puis dire c'est qu'il m’a semblé qu'un client sur deux arrivait avec la mine basse parce qu'il lui était arrivé un incident, genre miroir brisé ou tamponnage. Pas évident de conduire ces monstres qui peuvent être de la dimension d’un autobus quand on a l’habitude d’être au volant d’une voiture « normale ». Ce doit être lucratif, tout ces petits ajouts.

Finalement, nous partirons à l'heure prévue pour Montréal, mais avec tout ce qui m'attend, je ne peux pas dire que je respire la sérénité.

P.S. Je tiens ici à rendre hommage à mon fidèle IPHONE, car sans lui je ne sais pas ce que j’aurais fait, ça m’en aurait pris en maudit des trente sous pour faire tous les appels que j’ai eu à faire et merci à Martine de m’avoir « forcé » à l’acheter, moi qui suis réfractaire aux changements.

À suivre (oui, oui, il me reste quelques petits malheurs de 2013 à raconter!)
VUE DU LAC WATERTON, OEUVRE DE MON FILS THOMAS, IL A DU STYLE, QUAND MÊME!














samedi 30 août 2014

ANNUS HORIBILIS (épisode 6) PETIT VOYAGE DANS LES ROCHEUSES

LE PARADIS

Alors, laissant tout derrière nous, pour le meilleur et pour le pire, mon fils Thomas et moi, on a pris l’avion pour Calgary. En sortant de l'aéroport, nous avons hésité entre taxi et autobus et finalement, nous avons opté pour le transport en commun, qui s'avèrera le bon choix malgré nos bagages. La première conductrice a bien compris où nous allions, elle nous a même laissé à côté du prochain bus que nous devions prendre, qui semblait être là à n’attendre que nous. C’était presque un service de limousine. Le B&B était un peu excentré et, pour cette raison, beaucoup moins cher, alors l’aide de ces gens a été grandement appréciée.


La dame de notre gîte est originaire du Québec, mais pas plus sympathique qu'il ne faut. Je l'ai même entendu dire qu'elle n'aimait pas les Québécois, qui pourtant doivent constituer une certaine part de sa clientèle puisqu’elle fait sa publicité dans les deux langues. Elle nous a aussi présenté à une autre cliente, une française, lorsqu’elle a su que nous parlions le français dégénéré du Québec, qui nous a regardé avec un sourire en coin et ne nous a plus adressé la parole de tout le séjour. Bel accueil!
À ma première visite en famille à Calgary, nous n’avions pas tellement aimé la ville. Je me souviens d’avoir marché dans des endroits désaffectés ou des parcs fréquentés par des gens peu recommandables. Pas très rassurant, avec trois enfants. Mais, j’imagine qu’avec le boom économique, les choses ont changé car je n’ai visité que des endroits forts agréables et sécuritaires, cette fois.
De chez nous, nous avions une assez jolie vue sur le Saddle Dome et le centre-ville, et pour nous y rendre, ça nous prenait à peine vingt minutes. Je dois préciser ici que, une fois que je suis arrivé à destination, j’essaie d’éviter transport en commun et taxis. On découvre tellement plus de choses en arpentant une ville à pied. J’ai récemment fait Manhattan, de Chinatown à Central Park sous la pluie, avec mon fils : magnifique souvenir, c’est un peu comme y vivre en n’ayant pas le stress qui vient avec.
Retour à Calgary : il y avait eu un article dans « La Presse », section Voyages, peu de temps auparavant, et leurs efficaces journalistes avaient simplement piqués toutes les bonnes adresses dans le guide de la ville qu’on nous remettait en arrivant ici. Pas trop difficile le métier de reporter et ils ont eu le voyage payé en plus, eux.
Les adresses étaient bonnes mais souvent difficiles à trouver, comme le Village Ice Cream, sur la 19e SE qui se comparerait au Bilboquet ici. C’était près de chez nous, mais dans un racoin un peu perdu dans un cul de sac bordé de pylônes électriques. On était à deux pas, mais on ne voyait pas le plus petit panneau publicitaire. On a bien failli rebrousser chemin.
Aussi, cette brûlerie que j'ai réussi à trouver après une marche de plus d'une heure à travers « leur » Mont-Royal qui est encore moins une montagne que ne l'est la nôtre, mais, là comme chez nous, il y a de très jolies maisons et les noms de rues m’étaient très  familiers: Montcalm, Wolfe, Québec, Montréal, Frontenac. Sympathique n'est ce pas? Mon petit café brûlerie s'appelait Phil & Sebastian, on le trouve sur la 33e SW et j'y ai bu le meilleur macchiato de ma vie. Faut dire que c'était mon premier, aussi. Un macchiato est un espresso avec une tache de lait, de là le nom qui signifie  taché. J’aime bien un bon espresso, mais je trouvais que la larme de lait l’adoucissait juste assez à mon goût.
En revenant vers le centre ville par la 20e rue SW, j'ai vu de belles maisons et, vieilles comme neuves, elles étaient construites en harmonie autant dans le style que les couleurs. Elles étaient la plupart du temps en bois et dans des teintes naturelles, qui se fondent avec leur environnement. Rien à voir avec l'anarchie vulgaire qui règne à Montréal et ses banlieues, où c'est le clinquant et le tape-à-l’œil qui règne en maître.
Le centre-ville, par contre, presqu'un dortoir, ce qui fait qu'à chaque fois que j'ai voulu réserver un resto recommandé dans leur guide, j'ai été surpris de savoir que c'était complet et par deux fois on s'est rabattu sur le Silver Dragon, dans Chinatown, d'abord pour des Dim Sum, puis pour une fondue chinoise avec deux bouillons, dont l’un très piquant. Il y avait un grand choix de fruits de mer comme j'en avais rarement vu et j’adore tout ce qui vient de l’océan.  On a bien sûr visité le musée Glenbow, et la tour de Calgary, avec son plancher en verre, en bons touristes.

Mais, assez de la ville et partons pour les montagnes. J'avais réservé une auto-caravane avec l'habitacle du conducteur séparé du reste du véhicule, la précision est importante pour mon histoire. La prise de possession s'est faite sans heurt et après un petit cours, nous avons pris la route en direction du parc des lacs Waterton. C'est peut-être un nom qui ne vous dit rien, mais c'est parce que j'ai la mauvaise habitude de toujours vouloir aller dans la direction opposée où vont les autres, par curiosité, d’abord, et parce que j’avais déjà été à Banff et Jasper. C'est comme pour les randonnées, je demande toujours pour la randonnée la plus longue ou la plus difficile. Comme si j'allais manquer l'essentiel si je ne faisais pas ça, mais je ne le regrette jamais. D’ailleurs, à ma dernière visite chez le Doc, quand je lui ai mentionné que j’allais dans les Rocheuses avec mon fils, il m’a dit de lui dire de prendre ça mollo, pour m’épargner. Ce qu’il ne savait pas, c’est que c’est moi le pire des deux.
Donc, ce parc se situe à l’opposé des autres, complètement au sud-ouest de l’Alberta, il jouxte le Parc des Glaciers aux États-Unis; on peut, d’ailleurs, y traverser la frontière et explorer les deux parcs. L'arrivée en vue des montagnes est rien de moins que spectaculaire, car c'est une longue plaine agricole qui vous mène à ces formations rocheuses qu'on aperçoit de très loin.
Vous vous demandez sûrement où sont les malheurs annoncés, ça s'en vient et nos souffrances devraient vous rappeler que mon histoire se déroule en 2013. Bon, on arrive, on s'installe, tout est beau, sauf que je ronfle. Mon fils ne veut pas dormir dans le même lit que moi, même s’il est énorme, je précise : le lit, pas mon fils. Il y en a bien un autre, mais, c'est un lit d'enfant. Je n’avais pas vu ce détail sur leur site en louant. Mon fils n'est pas grand, mais tout de même et en plus ils avaient oublié la literie pour lui.
Le premier soir, début juin, il fait encore un peu frais la nuit, alors, on se partage les couvertures, mais il aura froid. Le lendemain, on lui achète un sac de couchage, un peu mieux, mais il réintégrera l'habitacle principal le lendemain et, muni de bouchons, il dormira assez bien, bien qu'en diagonale et un peu recroquevillé le pauvre.
Notre première randonnée nous amènera aux chutes de Lineham Creek, un parcours pas trop difficile pour commencer, mais tout de même magnifique, car comme nous sommes à flanc de montagne, nous aurons toujours une vue sur l’autre côté de la vallée. Arrivés à une certaine hauteur, nous avons droit à une explosion de magnifiques fleurs sauvages comme j’en ai rarement vu. Il y a une belle grande chute au bout de la piste, nous y mangeons notre lunch et redescendons. Mais, pris de fatigue : décalage ou parce qu’il m’ont coupé le Décadron il n’y a pas si longtemps, nous nous allongeons près de la rivière pour un petit roupillon. Ce n’est qu’après, quand nous en saurons plus sur les Grizzlys, que nous penserons à ce qui serait arrivé si l’un d’entre eux avait eu soif tout à coup.
Le lendemain, randonnée vers Crypt Lake, 18 km, aller-retour, mais d'abord, il faut prendre une navette qui nous fait traverser le lac Upper Waterton et nous amène au début de la piste, petit trajet déjà agréable. Nous partons devant, il n'y a que cinq autres personnes que nous semons assez rapidement; ils semblent prendre une autre direction. Le chemin est assez facile, mais rendu plus haut, il y a de la neige fondante et glissante sur le flanc de la montagne. C'est un peu comme traverser une piste de ski alpin à l'horizontale, sauf que si on glisse, c'est au revoir la visite. Je ne peux pas vous dire ce qu'il y avait en bas, on ne voyait pas, mais ça semblait s’arrêter assez abruptement et on ne tenait pas à aller voir.
À chaque pas qu'on faisait, il fallait bien enfoncer sa botte dans la neige pour assurer sa position. Quand il y avait plus d’arbres, je me permettais d’aller plus vite, mais il m'est arrivé par deux fois de glisser. Heureusement, à chaque fois, j'ai pu me raccrocher à une épinette, mais la deuxième fois, je tenais l'arbre au bout d'un de mes bras maigre et j'étais incapable de reprendre pied, j'ai réussi puisque je vous en parle, mais j'ai compris l'utilité des bâtons de marche dans ces situations, moi qui m'étais toujours moqué de ceux qui s'en servait. C’était très demandant et le petit vieux que je suis pompait l’huile un petit peu.
Puis, deux vaillants jeunes hommes nous ont rejoints et dépassés, ils avaient, devinez quoi : des bâtons. Alors nous avons suivi leurs traces, car la piste devenait difficile à voir et nous n'avions qu'une carte assez rudimentaire. Alors, après être passé, le dos voûté,  dans un tunnel naturel d’une centaine de mètres à flanc de montagne et fait un peu d’escalade en s’agrippant à des câbles d’acier, on s'est finalement rendu à Creek Lake qui était encore partiellement pris dans les glaces.
Après un lunch bien mérité, on est redescendu. Mon fils m'a trouvé une branche tordue pour aider son vieux à moins perdre pied. Je trouve, en général, les descentes plus ardues que les montées, on a le genou moins élastique à mon âge, mais mon jeune homme lui, faisait du « free style », c’est-à-dire que plutôt qu’être trop prudent comme moi, il prenait son élan et glissait sur plusieurs mètres dans la neige, comme s’il avait eu des skis. Il n’aurait pas fallu que sa mère voit ça.  
LE VOILÀ LE FAMEUX TUNNEL AVEC LA LUMIÈRE AU BOUT DONT TOUT LE MONDE PARLE. 
On est arrivé au quai, on a attendu un peu, puis la navette nous a ramené à bon port. Et là, pour se gâter, on a été prendre une bière au magnifique Hôtel Prince of Wales. C’est une immense construction qui date de 1926. L’intérieur et l’extérieur sont en bois, dans le style chalet alpin. Il est situé sur un monticule d’où l’on a des vues fabuleuses sur le lac et les montagnes.
Le lendemain, quand j’ai raconté nos aventures à une gardienne du parc, elle nous a fait une carte, juste pour nous, sur laquelle elle a indiqué au gros marqueur noir où nous ne devions vraiment pas aller, si on voulait revenir en un seul morceau.
Les deux autres randonnées furent plus sages, mais plus stressantes. À force de voir des traces d’ours noirs et de grizzlys, on devient un peu paranoïaque. À notre troisième sortie, nous avons marché vers le lac Forum et presqu’arrivé à destination, nous avons vu des traces de pas dans la neige, mais vraiment partout sur des centaines de mètres. Je me suis dit qu’il y avait eu beaucoup de visiteurs ici. Mais, c’est en examinant les traces qu’on s’est rendu comte que c’était des traces d’ours noir. Difficile d’être plus dans le territoire de la bête, et on était au printemps, ce qui veut dire bébé ours et peut être grosse maman pas contente, en tous cas, on est bien resté un peu, mais en regardant bien autour.


À notre dernière sortie, nous avons longé le lac Waterton vers la frontière américaine. En allant, nous avons vu sur le sentier plusieurs traces de pattes de grizzlys, mais au retour, un énorme tas : rien à voir avec les petits cacas aux bleuets de nos ours noir. Et, pire encore, une mâchoire encore sanguinolente qui avait dû appartenir à un pauvre chevreuil, qui comme nous, gambadait dans les parages, il n'y a pas si longtemps. La bête ne devait pas être loin et même si on se disait qu'elle venait de bouffer un chevreuil, elle aurait peut-être eu envie, encore, d'un petit dessert. Alors, on a accéléré le pas quelque peu.



Bon les vrais malheurs s'en viennent, je vous le jure. Alors après une semaine dans cet endroit magnifique que nous n'aurions point dû quitter, nous partons, le cœur joyeux vers Banff. Alors qu’on est à moins d’une heure d'arriver, nous essuyons une ondée aussi intense que passagère, mais sans conséquence. Était-ce un présage?
Je décide de m’arrêter pour faire le plein, car souvent dans les montagnes les stations-services sont rares et là, tumeur au cerveau n’aidant pas, je regarde plus ou moins la pompe et je pèse sur le bouton vert qui, il me semble est la couleur du diesel. Erreur : je remplis le réservoir d'essence normale et je ne m'en rends même pas compte. Je paye, on repart, mais au bout de quelques kilomètres: Teuf! Teuf! Teuf! Je réussis à me rendre sur l'accotement.
À SUIVRE-L'ENFER

P.S. Vous aurez remarqué les dessins, j'imagine, et bien oui, rendons grâce au pinceau au plus haut des cieux, je m'y suis remis! Bien sûr, les dessins préliminaires ont été fait sur les lieux, mais je les ai finalisé cette semaine dans "le confort de mon foyer", comme disent les anglais.